mars 2009 (7)

dimanche 29 mars 2009

Santé et libéralisme : la solution des caisses privées d'épargne-santé

Jean-Luc MiguéPour les économistes libéraux la solution au problème de la dérive générale des coûts de la santé passera par le développement de caisses d’épargne-santé privées (dont nous avons décrit la formule dans notre livre ''Santé publique, santé en danger''). Une étude de l'économiste américain Benjamin Zycher, publiée par le Manhattan Institute for Policy Research(1), vient renforcer cette conviction en montrant que l'expérience des premières caisses privées d'épargne-santé, mises en place depuis la réforme Bush de 2003, et qui couvrent aujourd'hui 6 millions de résidents amércains, a conduit à des résultats conformes aux attentes.

L'élection de Barack Obama signifie que la réintroduction de véritables mécanismes de choix privés au sein du système de couverture des dépenses de santé n'est plus guère à l'ordre du jour, même aux Etats-Unis. Le nouveau Président a en effet clairement fait savoir qu'il voulait copier les systèmes socialisés européens.

Il n'empêche qu'un jour viendra où la faillite inéluctable des régime de santé actuels contraindra à revenir vers la recherche de solutions libérales. C'est pourquoi, même si, sous les effets de la crise, ce jour semble à nouveau s'éloigner, il nous paraît utile de nous arrêter un instant sur les leçons de cette étude, en commençant par un rappel des principales caractéristiques du régime de santé américain (qui est beaucoup moins 'libéral' qu'on le croit souvent en France).

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vendredi 27 mars 2009

Les pyromanes devenus pompiers : pour un retour à l'étalon-or

Philippe Simonnot lors d'une réunion à l'Institut TurgotN’était le cortège de millions de victimes de la crise qui s’allonge chaque jour, le spectacle de nos banquiers centraux et de nos gouvernants donnerait plutôt envie de rire. Voilà des pyromanes qui se promeuvent eux-mêmes dans le rôle de pompiers. Hélas ! le feu qu’ils ont eux-mêmes allumé, et qu’ils prétendent éteindre, il est à craindre qu’ils en ravivent encore les flammes.

Il y a pourtant une solution à cette crise, mais ils seront les derniers à seulement l’évoquer publiquement, car elle remettrait en cause leur propre pouvoir.

Le retour à l’étalon-or, dont on osait encore parler ouvertement il y a un demi-siècle – à la place même qu’occupe aujourd'hui Nicolas Sarkozy 1 -, n’est même pas à l’ordre du jour de la prochaine conférence monétaire internationale qui doit se tenir à Londres en avril prochain.

Le plus inquiétant dans la crise actuelle, en effet, ce n’est pas la crise elle-même, mais l’analyse qu’en font les princes qui nous gouvernent, mal conseillés par des économistes qui ont pignon sur rue.

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samedi 21 mars 2009

Marc de Scitivaux, le 3 mars 2009 : Comment les facteurs du drame se sont enchaînés

Marc de Scitivaux Le 3 mars dernier, l'Institut Turgot a organisé une soirée de réflexion autour de l'économiste Marc de Scitivaux. Directeur des Cahiers Verts de l'économie, Marc de Scitivaux est depuis de nombreuses années un proche d'Alain Madelin. Tout au long des années 1990, il est souvent intervenu à l'Institut Euro 92 pour partager ses passionnantes analyses économiques. Ceux qui écoutent BFM savent qu'il est un habitué de l'émission du samedi matin "Good Morning week-end" où l'on apprécie le caractère franc et direct de ses jugements.

Nous lui avons demandé de faire le point sur le déroulement de la crise et ses perspectives. Quelle est la cause de tout ce gâchis? Qui sont les responsables? Quels en sont les moteur? Le pire est-il passé? Faut-il au contraire s'attendre à de nouveaux rebondissements? Les libéraux doivent-ils désespérer?

Sa présentation, à tous égards passionnante et exceptionnelle, présente l'implacable enchaînement des éléments qui, au cours des vingt dernières années, se sont progressivement mis en place et ont conduits aux événements financiers que l'on connait. Son analyse rompt radicalement avez les explications habituellement distillées par les médias. Elle met l'accent sur la manière dont, à travers le monde, l'empilement irresponsable de multiples politiques réglementaires, toutes conçues pour des fins particulières, a finalement donné naissance à une véritable bombe financière globale dont personne ne pouvait plus contrôler l'explosion.

Ecoutez l'intégralité de l'enregistrement audio de l'intervention de Marc de Scitivaux et de la discussion qui a suivi.

Visionnez le diaporama qui accompagnait l'exposé de Marc de Scitivaux.

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mercredi 18 mars 2009

Pour ou contre les brevets? Le débat rebondit

xavier-mera.jpgLa plupart des débats relatifs aux législations sur les brevets opposent des experts sur les modalités, l'étendue du champ d'application et des détails de procédure. On tient généralement le principe même des brevets pour acquis. En particulier chez les économistes, la position standard est que sans brevets, les inventeurs verraient les produits de leurs travaux rapidement exploités par des imitateurs. Par conséquent, les incitations à entreprendre l'effort d'innovation seraient faibles. Les inventeurs en puissance ne sauraient en profiter et leur potentiel resterait ainsi largement sous-exploité au détriment de la croissance économique et de la prospérité générale. A l'heure où l'Institut National de la Propriété Industrielle publie son palmarès 2008 des dépôts de brevets en France et où l'on apprend que les 20 premiers du classement enregistrent une progression moyenne de 6,2% des dépôts par rapport à 2007, il n'est pas inutile de revenir sur la question pour se demander si les brevets sont vraiment un pilier essentiel de la croissance.

Il y a vingt ans, Henri Lepage s'était posé la question dans son ouvrage La nouvelle économie industrielle (1) où il avait présenté au public francophone une position sceptique jusqu'alors marginalement diffusée. Plus récemment, il revenait sur la littérature parue depuis et se trouvait conforté dans sa position initiale. James Bessen et Michael J. Meurer de la Boston University School of Law, viennent à leur tour de faire le point sur la littérature empirique récente dans le dernier numéro de Regulation, le journal publié aux États-Unis par le Cato Institute (2).

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jeudi 12 mars 2009

Comment les accords de Bâle ont créé la crise qu'ils devaient prévenir

Les accords de Bâle (1), qu'il s'agisse de Bâle I ou de Bâle II (1) sont au centre des polémiques sur la solidité du système bancaire mondial. Entrés en vigueur en 1992 (Bâle I), modifiés au 1er janvier 2007 (II), ils étaient censés protéger les banques d'un risque de faillites en cascade. Une banque qui respectait les ratios définis par les accords de Bâle (Cooke 1992, puis Mc Donough 2007) était supposée suffisamment solide, et le système bancaire gouverné par de tels ratios était supposé stable.

La crise actuelle semble démontrer empiriquement à quel point cette approche mathématique de la gestion des banques s'est révélée inefficace. Car à n'en point douter, les fonds propres des banques étaient insuffisants pour couvrir efficacement les risques de pertes liés au dégonflement de la bulle de crédit que nous vivons.

Au delà du constat empirique, il convient d’analyser les faiblesses de l'approche des accords de Bâle en tant qu’outil prétendant permettre de maîtriser le risque financier couru par les banques

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lundi 9 mars 2009

La récession : pour combien de temps encore ?

Le 1er décembre 1, 2008, le National Bureau of Economic Research a finalement rendu la nouvelle officielle : les États-Unis étaient entré en récession un an plus tôt, en Décembre 2007. C'est la treizième récession aux États-Unis depuis la Grande Dépression de 1929-33. Avec une durée de plus de treize mois, c'est aussi une récession relativement longue. En fait, elle est presque aussi longue que les deux plus longues qui Steve Hankeont suivi la Grande Dépression, ces deux-là qui avaient duré seize mois. Une lecture simpliste des données de l'histoire donne à penser que la stagnation actuelle serait plus longue que la moyenne, et sur le point de prendre fin. Cependant, les choses ne sont jamais aussi simples.

Depuis la Grande Dépression, la plupart des récessions avaient été causées par la Réserve fédérale, qui appuyait sur ses freins monétaires pour maîtriser l'inflation. Or, l'épisode actuel est différent. Cette fois-ci, c'est une attitude de crédit ultra-laxiste de la part de la Fed qui a engendré une accumulation excessive de dette, une hausse toujours croissante de l'effet de levier, et des augmentations insoutenables du prix des actifs. C'était un château de cartes, qui a fini par s'écrouler.

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lundi 2 mars 2009

Philippe Nemo, le 10 février 2009 : "laïcisme contre laîcité, le mythe de la République laîque"

Publié il y a quelques mois sous le titre : "Les deux républiques françaises" (PUF), le dernier livre de Philippe Nemo offre une grille de relecture de l'histoire politique français depuis deux cents ans tout à fait exceptionnelle. Son opposition entre deux conceptions antinomiques de la République et de la Démocratie (la vision libérale de "1789" et la vision jacobine - et millénariste - de "1793" - se révèle d'une très grande efficacité pour comprendre la continuité des conflits idéologiques dans ce pays et réinterpréter un certain nombre d'événements politiques dont nous n'avons pas toujours perçu la nature des enjeux. Ce livre représente sans conteste un apport majeur à la pensée politique française contemproraine.

Le mardi 10 février 2009, Philippe Nemo était l'invité de l'Institut Turgot. Nous lui avons demandé de s'expliquer, en tant que penseur libéral, sur sa conception des rapports entre République et laïcité; sujet qui constitue la matière de son troisième chapitre, et qui le conduit à faire le procès de la politique scolaire et universitaire française poursuivie avec une extraordinaire constance par tous les gouvernements républicains qui se sont succédés depuis le début du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui.

Philippe Nemo nous a fait une brillante démonstration qui bouscule nombre des idées reçues auxquelles nous a conditionnés notre formation scolaire. On trouvera ci-dessous une vidéo résumée de son intervention, ainsi que l'enregistrement audio intégral de la soirée.

L'essentiel de la discussion a porté sur le rôle de la Franc-maçonnerie dans la politique française. Pour écouter l'enregistement intégral de la soirée avec Philippe Nemo, cliquez ici.

On trouvera également un compte rendu écrit du chapitre que Philippe Nemo consacre au mythe de la République laîque. Ce résumé est du à un jeune étudiant, Roman Bernard, auteur d'une remarquable recension du livre "Les deux Républiques Françaises" publiée sur le site Stalker

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